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Le Parti Socialiste et les partis-frères d’Asie centrale post-soviétique

Relations bilatérales, multilatérales et à travers l’internationale Socialiste – Comment les améliorer ?

David Gaüzere, Section du Haillan, ex-FFE – Bichkek

1. La situation présente

L’Asie centrale post-soviétique se compose de 5 républiques, aux régimes politiques essentiellement autoritaires et où toute opposition est pourchassée. Les partis socialistes et sociaux-démocrates clandestins (Turkménistan, Ouzbékistan) ou semi-clandestins (Kazakhstan, Tadjikistan) n’échappent pas à la règle. Seule la Kirghizie se distingue par son statut de république parlementaire, plus multi-partite et démocratique, une cohabitation et un degré d’implication bien plus élevé des citoyens dans la vie politique, syndicale et associative.
L’Internationale Socialiste comporte 2 membres consultatifs ou observateurs en Asie centrale. Au Kazakhstan, le Parti National Social-Démocrate Azat (membre consultatif) et ses 2 Secrétaires Généraux, Jarmarkhan Touiakbaï et Boulat Abilov, connaissent régulièrement des tracasseries administratives, financières et policières par le régime politique autoritaire du Président Nazarbaev. En Kirghizie, le Parti Socialiste Ata-Meken (gauche socialiste), (membre observateur), présidé par le Secrétaire Général Omourbek Tekebaev, comprend 17 députés au sein du Jogorkhou Kenech (Parlement) et participe à la coalition gouvernementale du pays. Le Parti social-démocrate de Kirghizie (centre-gauche), pro-présidentiel, n’est pas (encore) associé à l’Internationale Socialiste.

2. Quelques pistes d’amélioration des relations entre le PS et les partis socialistes et sociaux-démocrates d’Asie centrale

A l’exception de la Kirghizie, l’Asie centrale connaît un grave déficit démocratique et les citoyens des 4 républiques se sentent exclus du jeu politique, réduit à un système de prédation par un clan ou une tribu dirigeante. L’étiquette partisane, idéologique y est donc marginalisée, tant au niveau des pouvoirs autoritaires en place que des oppositions, rivales. Pourtant, une certaine jeunesse citadine éduquée et imprégnée des nouvelles technologies (mal censurées) aspire partout à plus d’informations et à plus d’actions concertées dans la défense de ses concitoyens. En Kirghizie, où le système est plus libéral, les jeux politiques peuvent se faire sous des oppositions régionales ou tribales (sud du pays) ou partisanes et idéologiques (nord du pays dans sa globalité, élite du sud). Au niveau de la gauche réformiste, le débat actuellement présent en France entre l’existence d’un socialisme réformiste social-démocrate et celle d’une gauche plus radicale s’est déjà exprimé en 1992 et a abouti un an plus tard à la scission entre le Parti Socialiste Ata-Meken et le Parti social-démocrate de Kirghizie.


Voici 5 propositions établis par les militants socialistes sur place afin d’améliorer les relations, leurs visibilités et leur enracinement entre le PS et les partis-frères locaux. Les principaux acteurs de ce développement sont le PS (Secrétariat International, Observatoire International des Militants de la Fédération des Français de l’Étranger) à Paris mais aussi le Comité de l’Internationale Socialiste pour la CEI, le Caucase et la Mer Noire au sein de l’Internationale Socialiste à Londres :

1.Kazakhstan

Agir auprès des autorités kazakhes pour l’arrêt des tracasseries administratives, financières et policières à l’encontre de Jarmarkhan Touiakbaïet de Boulat Abilovet d’autres responsables du Parti National Social-Démocrate Azat et « médiatiser » l’information autour de ce parti (contraintes du régime politique autoritaire kazakh sur le parti, réactions et initiatives de réponses courageuses du parti dans des conditions difficiles et avec des moyens limités). Très soucieuses de leur image, les autorités kazakhes finiront alors par diminuer leur politique de harassement contre l’opposition démocratique. Maintenir à côté des relations économiques développées avec le Kazakhstan, tout en conditionnant l’ampleur de ces relations au développement de la démocratisation de la vie politique du pays.

2.Kirghizie

Signer des accords de convention bilatérale entre le PS et le Parti Socialiste Ata-Meken, sur le modèle de ceux déjà signés entre le Parti Travailliste britannique (Labour) et ce parti et renforcer les échanges entre nos 2 partis au sein de l’Internationale Socialiste et sur le bilatéral. Il est notamment regrettable que la venue, deux fois à Paris, d’Omourbek Tekebaev et sa rencontre avec des camarades du Secrétariat International, n’aient pas donné de suites. Omourbek Tekebaev avait alors proposé de travailler sur des thématiques de travail communes (démocratie, laïcité, famille, emploi, relations internationales…).

3. Kirghizie

Reprendre et développer le processus d’association du Parti social-démocrate de Kirghizie à l’Internationale Socialiste, après avoir vérifié, puis entériné la nature démocratique du parti, sa transparence financière et sa probité morale.

4. Tadjikistan

Aider le Parti social-démocrate Tadjik et son Secrétaire Général Rakhmatoullo Zoïrovà lutter contre la « clanification » d’une certaine partie de ses membres, en favorisant son développement à l’extérieur de Douchanbe et de son bastion ouzbékophone de Khodjent. La création d’une antenne de ce parti dans le Haut-Badakhchan autonome serait d’autre part la bienvenue, car la population pamirie du Haut-Badakhchan est plus éduquée et politisée et l’ancrage de ce parti en son sein renforcerait ainsi le sentiment de sécurisation et de démocratisation aux frontières de l’Afghanistan.

5.Turkménistan, Ouzbekistan

Dénoncer les atteintes physiques portées par les gouvernements autoritaires aux militants progressistes de ces États.


Pour approfondir davantage ce thème, rendez-vous sur cette page de l’internationale socialiste.

 

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