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Bi nationalité : Portrait franco tunisien

Sélim Ben Abdesselem, franco-tunisien

Né à Tunis (Tunisie)

Résidant à Tunis

Profession / activité : Consultant d’une ONG suédoise en Tunisie (International Legal Assistance Consortium, ILAC), après avoir été notamment député à l’Assemblée nationale constituante de Tunisie (2011/2014, après la Révolution tunisienne)

Quelles sont vos nationalités et comment les avez-vous acquises?

Française et Tunisienne, toutes deux acquises à la naissance, étant né en Tunisie d’un père tunisien et d’une mère française, ma nationalité française étant donc acquise par le droit du sang et non par le droit du sol.

Que représente votre nationalité française?

Ma principale culture, pour avoir été celle du cadre familial, bien qu’étant né et ayant grandi en Tunisie, en étant scolarisé essentiellement dans l’enseignement tunisien. Elle explique sans doute mon engagement politique précoce au PS et le choix d’effectuer mon service militaire en France, l’engagement dans la politique tunisienne n’étant venu qu’après la Révolution de 2011, avec l’immense surprise et l’immense honneur d’être élu député à l’Assemblée nationale constituante qui a rédigé la nouvelle Constitution tunisienne. Paradoxalement, bien qu’ayant grandi en Tunisie, je ne suis venu que plus tard à la pleine découverte de sa culture, en voyant aujourd’hui une richesse inestimable dans le fait de disposer des grilles de lectures de deux sociétés différentes, l’une française et de culture laïque et occidentale (et quelque part chrétienne, n’en déplaise à certains, dès lors que l’on fête Noël ou Pâques et que le dimanche reste le jour du repos hebdomadaire…), l’autre tunisienne et de culture arabo-musulmane, qui a notamment prouvé sa capacité à concilier son identité et les valeurs démocratiques dans sa nouvelle Constitution.

Comment participez-vous au rapprochement entre vos deux nations?

En luttant contre les idées reçues et en essayant d’expliquer pourquoi ce qui est possible quelque part ne le sera pas obligatoirement ailleurs parce que la majorité de la société n’y serait pas prête. Ainsi, la Tunisie a prouvé aux sceptiques qu’un pays arabo-musulman pouvait adopter une Constitution démocratique et protectrice des droits de l’Homme tout en y affirmant son identité, même si, comme ailleurs, des progrès restent à faire. De la même manière, si la publication de caricatures ridiculisant les religions apparaît en France comme un pilier de la liberté d’expression parce que la majorité de la société l’accepte, la même chose ne serait pas possible en Tunisie ou dans un pays musulman parce que cela heurterait la majorité de la société. Cela ne revient pas à défendre un quelconque relativisme culturel, mais simplement à voir qu’on ne peut appréhender une société qu’en tenant compte de ses paramètres culturels.

Quel est votre message pour les parlementaires ?

S’il s’agit de la déchéance de nationalité et de la lutte contre le djihadisme qui menace autant l’Occident que les pays arabo-musulmans, être plus pragmatiques au-delà du débat de principe et éviter de perdre du temps avec une mesure dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle ne servira strictement à rien, ce que reconnaissent aussi ceux qui la soutiennent, mais qui persistent malgré tout dans cette voie, sans doute pour cacher leur refus de regarder la réalité pour ce qu’elle est et leur incapacité à trouver des solutions efficaces ?

Plus de portraits de binationaux:

Florence Baillon : franco-équatorienne

Olivier Baumard : franco-polonais

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Jean-Philippe Cottin : franco-américain, San Francisco

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Mikel Orue : franco-vénézuelien-espagnol

Ramzi Sfeir : franco-palestinien-colombien-canadien

Un commentaire

  1. par Malki Bensoltane - 8 février 2016 à 16 h 46 min

    Présidente de Mediterravenir association France et Tunisie donc « binationale » pour le rapprochement et le dialogue interives méditerrannée ,je suis moi même née dans la nationalité française en Algérie avant d’en être « déchue « au moment ou il fallait confirmer(trop jeune pour cela) cette nationalité et ce après l’indépendance.la retrouver est un parcours de combattant.

    Aussi suis je interpellée par ce débat sur la déchéance ayant de la famille et des amis binationaux en France et de par mon engagement associatif en France;
    la déchéance pour terrorisme est comme une épée dans l’eau ,ces gens sont déjà déchus du désir de vie alors de là à leur parler déchéance …..PAR CONTRE AVANCER POLITIQUEMENT sur ce sujet C’est se calfeutrer dans l’exclusion dans le non-désir de l’autre,de l’avenir de son pays pays, de sa vitalité, de sa diversité source de talents et non pas uniquement de « bâtons ».

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