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Bi nationalité: Portrait franco belge

Joël Le Déroff, franco-belge

Né à Nantes (France)

Résidant à Bruxelles (Belgique)

Conseiller politique en ONG

Quelles sont vos nationalités et comment les avez-vous acquises?

Je suis français de naissance. En 2015, je suis devenu belge. J’habite en Belgique depuis des années, j’y suis investi dans le monde associatif et politique. J’aime Bruxelles, devenue une de mes villes. Devenir citoyen belge allait de soi.

Que représente votre nationalité française?

Je m’identifie à mes régions d’origine (Bretagne, Anjou, Méditerranée). Elles resteront toujours « chez moi ». La France, c’est aussi la République, la laïcité, un certain universalisme, malgré les instrumentalisations. C’est l’amour du débat théorique, ses gloires et ses travers. Elle m’a façonné.

De mes quatre grands-parents, tous nés français, seule une grand-mère avait le français pour langue maternelle. C’est celle qui l’écrivait le moins bien, devenue adulte, faute d’une scolarité normale. La France nie parfois sa propre diversité, mais elle permet l’intégration. Elle m’indigne, m’enthousiasme, m’émeut.

Ma nationalité française, c’est le symbole de cette communauté de destin. Pendant 34 ans, ça a été plus encore : ma seule citoyenneté, l’instrument qui faisait de moi un citoyen du monde, capable d’accéder à mes droits et libertés. De les défendre, avec ceux des autres.

Comment participez-vous au rapprochement entre vos deux nations?

Elles sont si proches ! Je rêve du fédéralisme européen. Si l’Union était les Etats-Unis, un Français en Belgique serait automatiquement citoyen, et vice-versa. Comme un Bruxellois en Wallonie et un breton à Marseille. Modeste utopie. En attendant, je défends les mêmes valeurs en tant que Belge bruxellois et en tant que Français breton angevin méditerranéen. Libre pensée, droits humains, émancipation collective et individuelle.

Quel est votre message pour les parlementaires ?

Premièrement, on ne se rallie pas à une mesure dont on a fait soi-même, pendant des années, le symbole de la dérive extrémiste de la droite. Toute légitimité pour combattre les idées de Mme Le Pen et M. Sarkozy disparaîtrait. En Belgique, cette mesure a été proposée par les nationalistes de la NVA. Dénoncée par les socialistes et les Verts. In fine, les partenaires de coalition de la NVA (libéraux et chrétiens-démocrates) ont refusé de la suivre.

Deuxièmement, cette mesure est une indigne illusion. Aucune utilité pratique. Adoptée dans les circonstances présentes, elle envoie le message que l’étranger (ou celui qui a un lien avec l’étranger) est le danger. C’est stigmatisant pour tous ceux qui ont de tels liens. Cela détourne l’attention de la vraie question : pourquoi des Français ont-ils tiré sur des Français ? Comment cela est-il possible ? Comment empêcher que cela se reproduise ?

Plus de portraits de binationaux:

Florence Baillon : franco-équatorienne

Olivier Baumard : franco-polonais

Sélim Ben Abdesselem : franco-tunisien

Yvette Chalom : franco-américaine, Berkeley

Jean-Philippe Cottin : franco-américain, San Francisco

Isabelle Gouni : franco-américaine, Seattle

Matthieu Hornung : franco-allemand

Mikel Orue : franco-vénézuelien-espagnol

Ramzi Sfeir : franco-palestienien-colombien-canadien

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